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Surpoids, obésité et infertilité

Vous avez l’impression que bébé se fait attendre ?

Le surpoids et l’obésité peuvent retarder la mise en route d’une grossesse car ils entraînent des diminutions de la fertilité chez les femmes mais aussi chez les hommes. Résultat : de nombreux couples ont des difficultés à avoir un enfant, parce que l’un des deux membres – voire les deux –  est en surpoids.

Les conséquences du poids sur la fertilité sont plus marquées pour un IMC > à 30.

Chez les femmes, la graisse abdominale, par le biais de l’insulino résistance, l’hyperinsulinisme et l’hyper androgénie, favorise sur un terrain prédisposé la survenue de troubles de l’ovulation. Pour un IMC supérieur à 32, le risque d’infertilité par anovulation augmente jusqu’à 3,7 %. Les femmes obèses sont de manière générale moins fécondes, qu’elles aient ou non des ovulations. Une altération de la qualité? des ovocytes ou de l’endomètre liées au poids pourrait en être la cause.

Ces difficultés à concevoir s’accompagnent d’une moins bonne réponse aux traitements de fertilité et d’une augmentation des risques de complications lors de la grossesse. En effet, le surpoids de la maman a également des effets sur la santé de l’enfant : dès la fécondation, l’obésité peut agir sur le bon déroulement de la grossesse : taux de fausse couche augmenté et risque de malformation de l’embryon.

De leur côté, les hommes en surpoids sont aussi confrontés à des troubles de la reproduction, liés à une diminution de qualité du sperme et à des dysfonctions érectiles plus fréquentes. Selon une étude de grande ampleur réalisée par le Dr Paul Cohen-Bacrie, plus le surpoids est important, plus la qualité du sperme se dégrade, ce qui entraîne des pertes de possibilité de conception.

Réversibilité de l’infertilité : il est encore temps de changer

La seule perte de poids de 5 à 10 % de la masse corporelle peut permettre un retour de l’ovulation, sans autre traitement, et améliorera également les taux de réussite en cas de procréation médicalement assistée.

Changer vos paramètres de vie alimentaires et pratiquer régulièrement de l’exercice peut être suffisant pour retrouver la fertilité. Une étude australienne (*) réalisée il y a quelques années sur 67 femmes présentant une absence d’ovulation a montré que, avec un programme diététique et une activité physique quotidienne pendant 6 mois , 60 des 67 femmes ont réussi à ovuler à nouveau et 45 ont pu avoir un bébé. Avec une perte moyenne de seulement 6,5 kilos, un retour à une ovulation spontanée s’est donc produit chez 90% de ces femmes, et 67,7% ont réussi à concevoir pendant la durée de l’étude, alors qu’aucune grossesse n’a eu lieu dans le groupe contrôle.

Concernant la fertilité masculine, elle devrait également, en toute logique, profiter d’une perte de poids, mais aucune étude sur la réversibilité des anomalies du spermogramme ne l’a encore démontré.

(*)Weight loss in obese infertile women results in improvement in reproductive outcome for all forms of fertility treatment. Hum Reprod 1998;13:1502-5. [Medline]